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Bordeaux : en retard en matière d’œnotourisme

Le 17 juin 2015, lors de Vinexpo, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux (CCI) a proposé pour la toute première fois, en partenariat avec le Great Wine Capitals – Réseau des Capitales de Grands Vignobles rassemblant 8 grandes métropoles à travers le monde entier – un focus sur l’œnotourisme.

Une étude menée par Chris Faugère, professeur à Kedge Business School, a montré des différences notables entre les différentes grandes capitales œnotouristiques et a surtout souligné un certain retard dans les choix mis en place par les acteurs Bordelais au regard des 7 autres capitales viti-vinicoles, telles que la Napa Valley, la Rioja ou la Toscane par exemple.

En effet, la perception de l’œnotourisme (enjeux, stratégies et communication) ne semble pas être la même partout. Si ailleurs dans le monde on considère que les activités liées à l’œnotourisme permettent d’augmenter avant toute chose les revenus des acteurs et par la même occasion de l’ensemble de leur région viticole ; à Bordeaux, bien que conscient des apports du développement de l’œnotourisme au niveau régional, on sous-estime toutefois les retombées sur les exploitations en elles-mêmes.

Ceci expliquant d’ailleurs la réticence des Châteaux bordelais (ou autre structure vitivinicole) à investir davantage dans cette activité. Effectivement, les investissements privilégiés à Bordeaux au cours de ses trois dernières années se limitent essentiellement aux infrastructures ; et non au développement de services, d’activités évènementielles ou de formation du personnel autour de l’activité œnotouristique, comme cela est justement le cas dans les autres capitales vinicoles. La stratégie œnotouristique bordelaise se résume principalement aux visites et dégustations, alors que les autres capitales optent pour des prestations plus diversifiées, telles que des services hôteliers et de restauration, des évènements…

Autre constat mis en évidence par cette étude : l’appropriation des outils numériques. Même si les acteurs œnotouristiques de Bordeaux, à l’image des autres Great Wine Capitals, sont largement présents sur Facebook, ils le sont cependant moins sur les autres réseaux sociaux (Twitter, Pinterest, Instagram…), contrairement à leurs homologues internationaux… Pourtant, personne n’est censé ignorer l’importance des outils numériques, notamment les réseaux sociaux : rester en contact avec les clients et gagner en visitorat ! Notamment auprès de la nouvelle génération d’amateurs de vin, les moins de 35 ans, qui restent connectés et sont donc plus présents chez les acteurs œnotouristiques étrangers que dans les Châteaux bordelais, ces derniers préférant plutôt jouer la carte de la sacralisation du vin.

Bien que cette sophistication du Bordeaux plaise aux étrangers, elle attire cependant moins les jeunes, d’où une population touristique plus âgée à Bordeaux. Pour attirer une clientèle plus jeune dans le Bordelais, au-delà des outils numériques, il semble intéressant de proposer, comme le font déjà les autres capitales viti-vinicoles, une expérience globale qui ne reste pas uniquement autocentrée sur le vin, mais qui offre une diversité d’activités, aussi bien culturelles que sportives. Pour cela, un positionnement clair doit être définit afin de se différencier des autres Great Wine Capitals et une coopération forte entre les acteurs (tourismes, viticoles et privés) doit être développée.

Et pourtant, le Bordelais est la région française qui tire le mieux son épingle du jeu en matière d’œnotourisme. Avec plus de cinq millions de visiteurs en 2009, c’est la première destination œnotouristique en France. La future Cité des Civilisations du Vin à Bordeaux, qui ouvrira ses portes dans quelques mois, donnera sans doute un nouvel élan et fera vraisemblablement de Bordeaux une capitale œnotouristique à part entière.

Pour en savoir plus sur la Cité des Civilisations du Vin, consultez mon article qui lui est dédié.

Photo à la une : © Aqui

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